Vous pouvez le consulter en suivant le lien :
https://sites.google.com/chemins-de-traverse.fr/universitaire/accueil/pisana/pisana-n7
Voici une brève description du volume :
Avis aux lecteurs et aux membres de l’association (pp. 9-10)
Introduction, par Elsa Chaarani Lesourd (pp. 13-15)
Articles
Simone Casini (Università di Perugia), Risorgimento e ruralismo letterario nell’Ottocento. Gramsci e la sua interpretazione del Risorgimento italiano (pp. 19-47)
En suivant la composition des notes sur le Risorgimento contenues dans les Cahiers de prison, cet essai démontre le rôle de la réflexion sur ce moment historique dans la formation de la pensée d’Antonio Gramsci. Des concepts fondamentaux tels que “hégémonie”, “intellectuels” et “national-populaire” sont devenus plus clairs pour Gramsci précisément par l’analyse de la situation sociale du Risorgimento, qui, selon lui, n’avait pas abordé les questions fondamentales du pays. L’essai observe cependant qu’après la mort de Gramsci et la publication des Cahiers, les études historiques et littéraires sur l’Italie du XIXe siècle ont répondu à certaines de ses interrogations, en se concentrant sur la culture la plus avancée de l’époque du Risorgimento (notamment en Lombardie-Vénétie et à Milan) : une tradition urbaine et intellectuelle “ruraliste”, visant à redéfinir le rapport entre ville et campagne, de Parini et Manzoni à Correnti, Cattaneo, Tenca, Jacini et Nievo. Langue de la contribution : italien.
Michela Toppano (Aix-Marseille Université), Le roman historique du futur. Humour et anticipation dans la Storia filosofica dei secoli futuri d’Ippolito Nievo (pp. 49-84)
La Storia filosofica dei secoli futuri (1860) d’Ippolito Nievo, un petit roman d’anticipation qui frappe le lecteur par son caractère atypique, a parfois été interprétée comme un exemple de proto-science-fiction. Dans cet article, nous montrerons qu’il est plus fructueux d’interroger les caractéristiques de l’élément conjectural et les usages que Nievo en fait, plutôt que d’insérer ce texte dans une production que l’on considère souvent, de manière anachronique, comme les prémices d’une science-fiction à venir. Pour cela, nous situerons d’abord cette œuvre par rapport aux textes spéculatifs produits en Italie entre la fin du XIXe et le début du XIXe siècle. Nous montrerons ensuite comment le recours à l’anticipation chez Nievo peut être mieux compris comme une déclinaison de l’écriture humoristique plutôt que comme l’invention précoce d’un genre à venir. Si on ne peut pas assigner ce texte au filon de la science-fiction (même archaïque), il reste néanmoins légitime de cerner le sens du choix, de la part de l’auteur, d’écrire un récit du futur. Nous verrons ainsi que cette opération permet à Nievo d’interroger, dans une optique humoristique, d’une part la fonction de la fiction romanesque, d’autre part la nature du véritable progrès, en prolongeant ainsi la vocation civique sous-jacente à toute sa production. Langue de la contribution : français.
Veronica Baldassa e Attilio Motta (Università di Padova), Dalla laguna agli scavi: grammatica epistolare della villeggiatura nieviana (pp. 85-107)
Cet article analyse les lettres écrites par Ippolito Nievo lors de ses séjours à Caorle (1853), Pellestrina (1854), Grado (1856) et Regoledo (1858), et met en évidence une « grammaire mobile du paysage » qui structure la représentation épistolaire des lieux. Malgré la diversité des contextes – villages lagunaires, stations balnéaires, centre d’hydrothérapie –, un répertoire récurrent de stratégies discursives se dégage : un cadre géographique souvent historicisé, des observations sur les coutumes et le lexique locaux, une auto-ironie corporelle, des médiations culturelles (littéraires, musicales, théâtrales) et une clôture relationnelle qui réactive le lien épistolaire. Cette syntaxe mobile du paysage, adaptée au destinataire, transforme la contingence du bref séjour en un exercice d’auto-représentation, révélant la façon dont Nievo apprivoise la nouveauté à travers des filtres culturels et en fait le cadre d’un otium operosum où expérience, lecture et relations fusionnent dans une écriture nouvelle. Langue de la contribution : italien.
Elsa Chaarani Lesourd (Université de Lorraine), Les Rome de Nievo dans les poésies et les tragédies (pp. 109-158)
L’article Les Rome de Nievo, évoque, en premier lieu, le mythe risorgimentale des trois Rome, et surtout, les échos de la latinité et de l’histoire des Romains de l’Antiquité principalement dans l’œuvre poétique de Nievo. Dans la longue histoire des Romains, Nievo préfère la Rome latine des origines, celle de la république, mais il évoque aussi la période de l’Empire et celle de la décadence. Il admire chez les tout premiers Romains, qui partagent leur temps entre agriculture et guerre, la virtus romana, aussi bien, du reste, chez les hommes que chez les femmes. Dans le cadre plus général d’une “invention de la tradition”, Nievo pense que l’Italie contemporaine doit s’inspirer de l’Antiquité romaine, avec laquelle elle entretient un lien de parenté, et que les paysans de l’Italie contemporaine sont les héritiers directs de cette virtus romana. Selon Nievo, en effet, il leur faut tout le courage des Romains de l’Antiquité pour supporter les difficultés insurmontables des travaux de la glèbe et leur difficile situation sociale. Langue de la contribution : français.
Chiara Piola Caselli (Università di Perugia), Momenti della fortuna di Nievo in Francia nel primo Novecento (pp. 159-183)
Cet essai retrace la réception précoce d’Ippolito Nievo en France au début du XXe siècle, en montrant comment les Confessions figuraient déjà dans les programmes des diplômes universitaires et des concours avant même leur pleine diffusion éditoriale. Si, en Italie, l’œuvre se heurta à des résistances morales et politiques, l’italianisme naissant en France (Hazard, Hauvette, Kennard) en reconnut la valeur institutionnelle et pédagogique, faisant de Nievo un auteur européen moderne capable de transformer la mémoire individuelle en conscience civique et en histoire nationale. Langue de la contribution : italien.
Indications bibliographiques (pp. 185-191)

0 commentaires